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Lonely Amine

  • 27 ans -
  • Garçon -
  • Entre deux rives -
  • Membre depuis le 15/09/2008
Ennuimètre :

vagabond

Ma phrase du jour : 18 mai 2012

Ne mépriser la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.

Charles Baudelaire.

made by Amine

Mes moments d'ennui

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Guillaume Apollinaire - Marie

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Mes news

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Une envie de bonheur...

il y a 3 mois

« Comment une femme pourrait parler haut, même en langue arabe, autrement que dans l’attente du grand âge ? Comment dire « je », puisque ce serait dédaigner les formules-couvertures qui maintiennent le trajet individuel dans la résignation collective ?… Comment entreprendre de regarder son enfance, même si elle se déroule différente ? La différence, à force de la taire, disparaît. Ne parler que de la conformité, pourrait me tancer ma grand-mère : le malheur intervient  inventif, avec une variabilité dangereuse. Ne dire de lui que sa banalité, par prudence plutôt que par pudeur, et pour le conjurer… Quant au bonheur, trop court toujours, mais dense et pulpeux, concentrer ses forces à en jouir, yeux fermés, voix en dedans… »

 

Assia Djebar - L'amour, la fantasia

 

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What's wrong?

il y a 4 mois

"What's wrong with you?", lu il y a quelques temps dans une BD humoristique en ligne pour thésards. Le directeur de thèse qui engueule l'étudiant, qui ne comprend pas qu'on puisse ne pas savoir comment faire. Cette phrase trouve un écho en moi, bien au-delà de ma condition de thésard taillable et corvéable à merci. Je ne sais pas faire, on ne m'a pas appris, ou alors je n'ai pas hérité de l'instinct naturel des autres.Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?

J'espère qu'on me laissera le temps d'apprendre.

 

http://www.phdcomics.com/comics/archive.php?comicid=1387

 

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Désorientation

il y a 4 mois

"La désorientation, c’est la perte de l’Est. Demandez à n’importe quel navigateur : on se réfère à l’est pour voyager. Perdez l’est et vous perdez vos repères, vos certitudes, votre connaissance de ce qui est et qui pourrait être, peut-être même de votre vie. Où était cette étoile que vous avez suivie jusqu’à la crèche ? C’est ça. L’Est oriente. C’est la version officielle. C’est ce que dit la langue, et on ne discute pas avec la langue.
Pourtant, une supposition. Que se passerait-il si toute l’affaire – s’orienter, savoir où l’on se trouve, etc. -, si tout ça n’était qu’une escroquerie ? Que se passerait-il si tout – son chez soi, la famille, la totale, n’était que le plus grand, le plus complet, et le plus ancien lavage de cerveau ? Supposez que ce n’est que lorsque vous osez vous laisser aller que votre vraie vie commence ? Quand vous échappez au navire ravitailleur, quand vous coupez les amarres, quand vous larguez vos chaînes, quand vous disparaissez, quand vous partez sans permission, quand vous vous barrez, ciao, tout ce que vous voulez : supposez que c’est à ce moment-là, et seulement à ce moment-là, que vous êtes vraiment libre d’agir ! De mener la vie que personne ne vous dit de mener, ni comment, ni quand, ni pourquoi vivre. Une vie dans laquelle personne ne vous donne l’ordre d’aller mourir pour eux, pour Dieu, où personne ne vient vous cherchez parce que vous n’avez pas respecté les règles, ou parce que vous êtes une de ces personnes qui sont, pour des raisons que malheureusement on ne peut vous donner, tout simplement interdites. Supposez que vous deviez connaître le sentiment d’être perdu, dans le chaos et au-delà ; que vous deviez accepter la solitude, la peur bleue d’avoir perdu vos repères, la terreur vertigineuse de l’horizon qui tourbillonne comme la tranche d’une pièce de monnaie jetée en l’air."


Salman Rushdie - La Terre sous ses pieds

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Soumission

il y a 4 mois

 "...A moins, évidemment, que le hasard n'existe pas ; auquel cas nous devrions soit - dans l'hypothèse optimiste - nous lever et applaudir, parce que si tout était prévu d'avance, nous avons une signification, et la terreur de nous savoir aller à l'aventure nous est épargnée ; ou alors nous devrions - dans l'hypothèse pessimiste - tout abandonner tout de suite, en comprenant la futilité de la pensée décision action, puisque, quoi que nous pensions cela ne change rien, les choses seront ce qu'elle seront. Alors où est l'optimisme ? Dans le destin ou dans le chaos ?..."

Salman Rushdie - Les Enfants de Minuit

 

 

 

Dies Irae. J'écoute le Requiem, ce Jour de Colère me semble particulièrement beau. La tentation est là, la tentation de se soumettre à l'Ordre. Un ordre injuste, incompréhensible, arbitraire... absurde ?
"On ne comprend pas le destin et c'est pourquoi je me suis fait destin.", disait Caligula. Renoncer à le comprendre, oui. Mais pourquoi renoncer à y croire ?  Se dire qu'on est condamné, que cette douleur est notre croix, que c'est ainsi et pas autrement. N'est-ce pas plus reposant que de se dire qu'il faut combattre ? Un combat toujours perdu, face à rien. N'est-ce pas mieux que de subir l'échec perpétuel du je-veux-mais-je-ne-peux-pas ?
Non, définitivement : l'optimisme est dans le destin. Ecoutez ce Jour de Colère, cette condamnation qui tombe du ciel, dure et inexorable, mais juste. Ecoutez la terre gronder, écoutez les gens mourir. Et ne pas se demander pourquoi, c'est ainsi et pas autrement. Ecoutez la beauté de la mélodie. Mourrez, pécheurs, comme je mourrai un jour d'avoir trop péché.


Je me soumets à l'Ordre.

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L'espoir, vaincu, pleure

il y a 5 mois

"... What is worse than rods bar-fetters candles-against-the-skin? What beats nail-tearing and starvation? I reveal the Widow's finest, most delicate joke: instead of torturing us, she gave us hope. Which meant she had something - no, more than something: the finest thing of all! -to take away. And now, very soon now, I shall have to describe how she cut it off.

Ectomy (from, I suppose, the Greek): a cutting out. To which medical science adds a number of prefixes: appendectomy tonsillectomy mastectomy tubectomy vasectomy testectomy hysterectomy. Saleem would like to donate one further item, free gratis and for nothing, to this catalogue of excisions; it is, however, a term which properly belongs to history, although medical science is, was involved: Sperectomy: the draining-out of hope."

- Midnight's Children - Salman Rushdie -

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Ecrire

il y a 5 mois

« Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente »

Guillaume Apollinaire

 

 

Avant-hier, j’ai dit à C. combien j’avais peur de tout gâcher, combien j’avais peur que mes émotions le fassent fuir. « Pourquoi t’a-t-il apprécié ? », m’a-t-il alors demandé. Il m’a apprécié par mes textes. Paradoxalement, ce sont ces émotions qui les composent. « Tu vois », m’a-t-il alors dit, « ce n’est pas le fond qui pose problème, c’est la forme. Ce ne sont pas tes émotions qui font fuir, on t’apprécie pour ça. C’est la manière dont tu les exprimes. Il faut apprendre à les canaliser. Il faut que tu arrives à les exprimer de façon à ce qu’elles soient appréciées, et non qu’elles fassent peur. »
Il faut donc que j’écrive. Ecrire au lieu de pleurer, écrire au lieu de trembler, écrire l’espoir et l’angoisse, mais sans agresser. J’ai un espoir fou en moi, un espoir qui me fait souffrir. Et la peur de décevoir, de tuer l’espoir de quelqu’un d’autre. Si je laisse mes émotions s’exprimer, ça ira trop vite et j’aurai tout gâché, et je lui aurai fait du mal. Si j’essaie de les contenir, j’ai peur qu’elles explosent à un moment ou à un autre pour le faire fuir et tuer tout espoir. Mais je n’ai que mes émotions à lui offrir, je continue à croire que c’est ce qu’il y a de meilleur en moi alors que ça blesse, que ça lasse, que ça déçoit et que ça fait fuir. Est-ce assez pour lui ? Lui que j’apprécie de plus en plus, lui que je ne veux surtout pas décevoir, lui à qui je veux faire du bien, à qui je veux apporter quelque chose. Lui que j’ai envie de connaître, mais j’ai si peur qu’il me connaisse, qu’il en fasse le tour et qu’il dise : « Et c’est tout ? ». Oui, c’est tout. Il n’y a que ça : des émotions et un cœur meurtri, mais qui espère encore, qui espère douloureusement faire du bien, qui espère apporter une réponse satisfaisante à ce garçon plein d’intelligence et de sensibilité, mais qui a la force de rester lucide et de se maitriser. Ecrire pour ne pas dire. C’est drôle, un garçon lit un texte sur Dieu côté de moi ; un chat est effrayé par son premier voyage, il me fait de la peine. Je me laisse distraire par ce qui se passe dans le train, je me laisse émouvoir par autre chose : la vie des autres, les fleurs en face de moi, le monsieur concentré sur son téléphone d’un air soucieux, la dame qui rassure son chat, les gens concentrés sur leurs magazines. Je veux être comme eux, ne pas faire peur. En sortant du théâtre hier, j’ai ressenti un vide, une frustration. J’aurais tellement aimé partager ces moments, tous ces textes et ces poèmes que j’aime tant. Le retour, Paris, le silence de la nuit, dans ces moments où l’on se sent si seul et si libre. J’ai envie de lui apporter quelque chose, de lui être utile. Mais sans l’agresser, sans l’oppresser. Tout en douceur, presque évanescent, n’être là que quand il en aura envie, une présence légère. « Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine », Apollinaire me rattrape encore. Mais comment aimer à peine quand l’espérance est si violente et la peur si grande ? Il faut écrire, écrire pour évacuer le surplus d’émotions, ne laisser que celles dont on voudra bien, et jeter le reste sur le papier.

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Mes créations

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"Tu ne te souviendras pas" de Madame Barbara

Tu ne te souviendras pas
De cette nuit où l'on s'aimait,
Toutes les nuits, cahin-caha,
S'effeuillent au calendrier.

Tu ne te souviendras pas
De mon visage, de mon nom.
Les marionnettes d'ici-bas
Font trois petits tours et puis s'en vont.

Tu ne te souviendras pas
Du vent, des algues, de cette plage,
De ce silence, de notre émoi
Quand se sont mêlés nos visages.

Tu ne te souviendras pas.
Nous étions là, émerveillés.
J'ai glissé un peu contre toi.
Contre toi, tu m'as entraînée.

Tu ne te souviendras pas
De nos corps couchés sur le sol.
Les corps s'enfoncent comme les pas
Dans le sable où le vent les vole.

Tu ne te souviendras pas.
Doucement, la nuit s'est penchée,
Traînant dans son manteau de soie
Des morceaux de ciel étoilé.

L'amour nous menait en voyage.
Longtemps, nous avons navigué.
La mer se cognait au rivage.
Dans tes yeux, je me suis noyée.

L'amour nous menait en voyage.
On s'est aimé, on s'est aimé.
Qu'il fut merveilleux, le naufrage
Quand, dans tes bras, j'ai chaviré.

Passent les jours, file le temps,
S'égrènent les calendriers,
Brûle l'été, soufflent les vents.
Moi, je ne peux rien oublier.

J'attends sur la plage déserte
Et je vis au creux du passé.
Je laisse ma porte entrouverte.
Reviens, nous pourrons la fermer.

Tu ne te souviendras pas
De cette nuit où l'on s'aimait,
Toutes les nuits, cahin-caha,
S'effeuillent au calendrier...

 

http://www.youtube.com/watch?v=L8Gu7C1waVA&feature=related

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