
maussadouille
"Si les singes savaient s'ennuyer, ils pourraient devenir des hommes..." GOETHE
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"Les vrais livres sont magiques. Ils viennent de l'autre bout du temps, denses, pareils à des stèles." J.-M.G.Le CLEZIO
"Le plus grand ennui, c'est d'exister sans vivre" Victor HUGO
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il y a 2 mois
J'ai écrit ces deux textes "Une lettre" et "Eau" spécialement pour cette création.
On se pose d'habitude la question « comment commencer? »
Décidément, je n'aurais jamais rien fait comme tout le monde. Adieu. On m'avait pourtant avertie, il fallait que je fasse attention aux humains. Aucune peur n'égale celle que j'éprouve face aux autres, à vous. J'aurais peut-être aimé que ce soit autrement. Mais ça n'est pas le cas. Nous sommes trop loin les uns des autres. Pourtant cela n'a plus tellement d'importance. Puisqu'il en est ainsi : je vais vous quitter. Je vais m'effacer. La lassitude a eu raison de moi. Un vertige m'a saisie et je suis tombée. On ne changera jamais. Jamais plus je ne me relèverai. Alors adieu. Nous n'avons plus rien à nous dire.
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Ça tombe. Ça dégouline. De petits filets d'eau m'entourent comme une araignée tissant sa toile.
Ça entre, ça coule le long de mon œsophage. Je refroidis à l'intérieur. J'imagine le voyage de cette goutte d'eau, elle si petite se retrouvant dans ces tuyaux et peinant à atteindre l'estomac. Et plouf! Elle se noya. Fin de l'histoire.
Au dehors, je sens une goutte descendre lentement dans mon dos. Ça chatouille. Je tremble.
L'eau me lave, mes pores l'absorbent, je brille. On me la verse. D'un coup il y en a beaucoup. Plein de petites gouttes qui se cognent contre mes épaules, contre le sol aussi. Ça fait ploc, ploc.
Ça ne doit pas être facile d'être une goutte d'eau, je pense. C'est vrai, on doit être si petit, si fragile. Tout le monde nous prendrait de haut. S'il y a trop d'eau, on se noie dans la masse, s'il fait trop chaud, on s'évapore... et dès que l'on tombe, on s'écrase sans même un espoir de survie.
Voilà, cette expérience formidable marque la fin de mes années lycée. Enfin.
"A tous vents, je prends un nouveau départ".
il y a 2 mois
Delirium est un projet collectif réalisé par des élèves de spécialité arts plastiques de terminale Littéraire.
On y parle de voyage, mais pas n'importe lequel puisqu'il s'agit d'un voyage intérieur et onirique, mis en scène à travers de la vidéo, de la peinture, de l'installation.
Une performance en somme, au cœur de laquelle des corps déambulent et vous parlent d'eux, de Vous.
il y a 2 mois
L'araignée pleure sa créatrice.
Le public salut l'artiste.
Louise Bourgeois, grande d'âme.
il y a 3 mois
Identité perdue et jamais retrouvée
Dans cette pourriture, juste envie de se
Noyer. C'est la décrépitude, plus de sens.
Un fil tendu, plus de danse. Réalité.
Comportement passé au scalpel : analyse.
Un corps souffrant, une âme inerte : autolyse.
Des images brumeuses ont envahi mon être.
La cape abyssale de cendres m'a couverte.
Ces larmes grises de la pluie qui me repeignent ...
Cet autre-moi qui est parti - ô qu'il revienne !
Froideur douloureuse, un morceau de coeur gelé,
Ta tête toute entravée dans les draps salés.
Et le souffle suspendu de cette inconnue
Mets mes nerfs à nu. La perdue. Je suis vaincue...
Je suis comme le puits, vide et puis rempli,
Ô de toi, de ta joie, de ta voix, je m'ennuie.
il y a 6 mois
Tu m'as prise dans tes bras et tu m'as dit que la vie était ainsi faite de coupables et de victimes. Tu as ajouté que nous ne faisons que passer de l'un à l'autre toute notre vie. C'est alors que j'ai décidé d'aller de l'avant, de courir vite, aussi vite que je pouvais pour empêcher que le gagnant dans cette course soit mon passé et qu'il ne me rattrape un jour. Tu n'as rien perçu de mon malaise et tu m'as laissée seule sur le lit défait. Je t'ai fixé longuement, de ton nœud de cravate sur lequel tu t'énervais jusqu'à la fermeture de ta valise aussi débordante de vêtements que mes yeux de larmes. Tu as déposé un baiser rapide sur mes lèvres et tu es parti sans te retourner.
Je me suis levée en scrutant chaque recoin de la pièce pour essayer de comprendre comment cela avait pu se faire ici, quelles traces de cet évènement cette chambre avait pu garder, quel objet pouvait être témoin de la scène. Fatiguée de mon observation, je vidai le tiroir de la commode, fermai mon sac après en avoir extirpé une cigarette et les clés de l'appartement. Puis, je partis sans me retourner.
Dans la rue, je laissais la rêverie guider mes pas. Décrocher de la réalité, être là sans l'être, regarder sans voir, tout cela mettait en exergue le fait que j'aie des soucis. Et la chose que je m'apprêtais à faire me promettait un avenir radieux. Mais il me fallait d'abord prendre un petit-déjeuner. Quoi de plus merveilleux que de sentir l'odeur du pain au chocolat sortant du four un matin de juin? Je m'asseyais donc à la terrasse du café dans lequel je croisais comme toujours Marcel. Un jeune homme charmant à qui le tablier ne faisait pas défaut, bien au contraire, ses hanches n'en étaient que mieux soulignées. Sans que je le lui demande, il m'apporta un café noir, serré. Je le bus d'une traite. Le temps n'attend pas.
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