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Lonely direktaparis

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Ma phrase du jour : 18 mai 2012

perhaps no one wants to be loved as much as to be understood. G ORWELL

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    L'APPARITION

    L’APPARITION

    Il est presque quatre heures.
    La nuit est longue, épaisse. La nuit est de partout, inhérente au corps.

    Le silence de la ville résonne jusque dans les couloirs de l’hôpital et le vent au dehors, transporte jusqu’au cœur du cocon.  C’est l’harmonie qui dessine les lignes de ce décor : c’est la maternité.
    Ici sommes dans un ventre, il y fait chaud, la chaleur est de partout, une vapeur sourde et calme. J’aime.
    Je me dis que la chaleur doit être nécessaire à l’apparition, c’est un vaste souvenir. Oublié.

    Les chaussures en bois craquent sur le béton. On s’affaire là-bas. Les roues d’un lit crissent. Au coeur de la nuit, une bourrasque d’Événement.

    Un homme attend. Je le regarde attendre. Je regarde son anxiété prête à se libérer, son cœur prêt pour l’invasion.
    Il attend la vague.

    La nuit est de partout, alors tout apparaît.

    L’enfant qu’on dépose dans les bras : c’est le jour.
    Les possibilités du monde : c’est le jour.
    Le poids du corps : c’est le jour.

    Il n’y a qu’à se sourire. Il n’y a pas de langage pour cette JOIE qui s’immisce.
    Elle vient des profondeurs et ici c’est un lieu d’apparition.

    Les vies se déroulent à l’infini. Elles éclosent et disparaissent, elles se remplissent et elles se vident. Parfois nous en avons une sensation dissoute et nous en cherchons le sens, toujours.

    La mère se tait. Sa fatigue, là, c’est son savoir.
    Le petit dort sur son sein, peau contre peau. La fatigue, là, c’est son savoir.
    A quoi rêve-t-il ?Au cordon perdu ? Au souffle nouveau ? Les poings se serrent, que penser du jour ?
    La nudité déjà cachée. Déjà soif. Déjà faim. Déjà besoin d’une caresse. Qui caresse ?
    Le premier cri. Je pense à Norma. Qui caresse ?

    Moi, je ne sais rien, j’aime.
    Je regarde les corps inventer leur danse quotidienne, soignante. La danse des gestes précis, blancs, ensanglantés, le fourmillement des outils et du linge.
    L’air est plein sous les néons. Il est quatre heures, peut-être.

    Le lent chemin de nos coïts, la nuit blessante, l’oubli et puis l’apparition.

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