
chagrin
J'aspire à l'un, j'inspire à l'autre... une vie sans fin, une mort sans faute.
made by Evasive
Je lis, je lis, je lis.
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il y a 3 an(s)
Voici qu'une nouvelle année s'avance, dans sa robe de soirée. Elle fait mille promesses et vu sa beauté, personne ne peut en douter. Les bonnes résolutions fusent et l'on s'amuse. C'est pourtant une année comme une autre qui coulera sous nos pieds chaque jour. Toujours, les rides se creuseront, toujours l'ennui s'infiltrera dans nos maisons.
il y a 3 an(s)
Je suis dans un état extrêmement désagréable en ce moment. Je ressens profondément le non-sens de chacun de mes gestes, de chacune de mes paroles, de chacune de mes envies et, par conséquent, de la vie en général.
J’écoute des discussions à propos de projets d’enfants, de maison, et je me demande pourquoi. Pourquoi cherchons-nous cette stabilité, ce cycle infini ? Je me disais tout à l’heure qu’au fond, on ne vit que lorsqu’on est enfant et adolescent, ensuite, on vit pour construire une vie à d’autres enfants qui feront pareil. Ca a certainement beaucoup de sens pour une majorité de personnes mais pour moi, ça n’en n’a pas.
Je tangue entre des envies violentes de profiter de la vie et des pensées morbides. Quoi qu’il en soit, je pense toujours beaucoup trop. Je voudrais arrêter de tout analyser mais je ne peux l’empêcher.
Depuis longtemps, je redoutais de sombrer dans la folie ; des angoisses me prenaient à la gorge. Mais je m’étais complètement fourvoyée, je m’en rends maintenant compte. Ce n’est pas la folie qui m’effraie. Au contraire, j’ai peur de cette extrême lucidité qui me fait perdre pied avec l’humanité, de ce recul extrême qui transforme tout en cellules sans but, de cette vision si claire que tout se modifie autour de vous et qui vous fait prendre conscience que rien n’a de sens.
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Veuillez excuser ce silence momentané.
Ou pas.
De quoi m’excuserais-je ? Je ne sais même pas à qui ces excuses sont destinées, ni même si des yeux les parcourront.
J’expliquerai pourtant cette légère absence. Juste comme prétexte pour…
Papa Noël m’a couvert de livres délectables et mon esprit est soudain pris d’une faim insatiable de ces mets littéraires. Je deviens boulimique d’écrits ; je dévore à m’en faire vomir par tous les orifices. Les petites veines qui envahissent le blanc de mes yeux sont saillantes, elles battent au rythme de mon cœur possédé jour et nuit, nuit et jour par des lignes déchaînées.
C’est un attentat officiel à la bouffe de Noël que j’ignore avec mépris. Mais c’est la fête alors je suis entière et excessive. Mes transformations sont infinies. A chaque œuvre parcourue, je suis le héros et une abondance de sentiments me traversent, m’enrichissent, me remplissent à m’en faire déborder et m’enfoncent dans une folie que je pensais pourtant lointaine.
Alors que ma démence s’élève, que la part aliénée de moi se love dans des draps de soie, le « Je » plonge dans le tourbillon inévitable de cette période de fête qui marque le début de mon affaissement annuel. J’ai beau connaître l’issue de mon histoire, rien ne m’arrête. Je n’aurai bientôt plus faim de rien.
Il s’éteint. Il s’achève.
Chaque chose a une fin.
C’est peut-être l’opium ou le jus de pomme. Je sirote l’un et l’autre espérant qu’ils ne se consommeront jamais entièrement. Les mégots s’enchaînent et se ressemblent portés par une ambiance tamisée. Et chaque cigarette écrasée me rapproche inexorablement de la fin.
Il est de ces heures où les rêves prennent forme, ou l’oubli me connecte à un monde que je ne peux connaître. L’envie me monte au nez, mes papilles s’éveillent. Mon imagination vit à travers ses mots pendant un bref instant. Je voudrais.. Non ! je veux !… Non ! je vais le faire !
Le monde est à mes pieds. Je suis une artiste, je crée, je chante, je danse. La fumée est mon inspiration, elle flotte tout autour de moi. Je baigne dans la substance-même de ma personne. Le moteur de mon corps est en marche et il fulmine. Ce n’est plus seulement une métaphore, je la vois cette effluve autour de moi. J’ai envie, tout comme lui ! Je vis !
Elle s’éteint. Elle s’achève. La dépouille de ma dernière clope gît dans le cendrier. Mon euphorie se dissipe comme la fumée. J’éteins le moteur de mon âme pour allumer celui de ma voiture. Une signe de la main…chaque chose a une fin.
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