
enjoué
Lonelydolu cherche toujours ses mots...
made by lonelydolu
L'ennui, c'est la vérité à l'état pur. [Jacques Rigaut]
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--classification--
il y a 2 mois
Dans une grande boîte en carton
Je range des livres à l'unisson
Et sans lire leur littérature
Je fais l'amour aux couvertures
Dans une grande boîte en carton
Je range mes ombres, mes émotions
Dos à dos et bien empilées
Elles semblent faciles à dompter
Je mets ma vie dans une grande boîte
Et ça cogne contre les parois
Le carton plisse où tout est moite
Et se durcit où tout est froid
Dans une grande boîte en carton
Je range les doutes que je redoute
Pour oublier le mal qu'elles font
J'envoie mes craintes sur les routes
Dans une grande boîte en carton
Je remplie bien jusqu'à ras bord
J'attends l'heure de la livraison
En partance pour le sud, le nord
Comme on met des pierres dans un sac
Pour aller gravir son Everest
Comme on les jette dans le ressac
Pour s'alléger des maux qui lestent
Je mets ma vie dans une grande boîte
Un colis lourd qui effacera
Les tracas qui font que je boite
Me voilà libre, bon débarras !
il y a 2 mois
J'ai beau faire le compte des années
Ce qui me retient en apnée
C'est cette question déposée
Pour qui pourrais-je bien compter ?
J'ai beau faire revivre des instants
Ce qui me frappe l'inconscient
Ce sont les moments que j'attends
Est-ce que je vis dans le présent ?
J'ai beau essayer d'accrocher
Mes tempes au fil du temps qui passe
Mon cerveau ne peut résister
Aux rêves d'enfant qui ne trépassent
C'est un passage bien obligé
Une écluse qui s'ouvre à moitié
Laisse une eau dense s'écouler
Jusqu'à la pointe de mes pieds
il y a 2 mois
Je dis adieu à ton passage
Qui j'espère ouvrira ta cage
Je dis à Dieu, face à l'orage,
De condamner tous mes outrages
Je dis pardon à ta personne
Même si mes mots ne te raisonnent
Je dis, par là, il y a des hommes
Qui par un don d'amour étonnent
Je dis bravo à ma lâcheté
Que nul ne pourrait égaler
Bras ballants, je deviens muet
Au bas mot, la langue qui se tait
J'ai dis trop tôt mes appétits
Qui t'ont enchaîné à l'envie
J'ai dit trop tard mon coeur qui fuit
Et laisse passer l'eau de pluie
Je sais bien sûr cette douleur
Que je combats à certaines heures
Je sais aussi l'usure du coeur
Qui s'abîme s'il ne bat pas fort
Je sais, l'un jure et ne se tient
À la promesse des lendemains
Je sais l'injure au creux du lien
Quand le parjure ne se retient
Je dis merci pour ces moments
Qui m'ont rendu un peu plus grand
Je dis merci même si sûrement
Tu pleures tout en y repensant
Je dis hélas car je n'ai pas
Su te protéger de l'émoi
Je dis que, lasse, la vie déçoit
Quand elle n'enlace qu'un à la fois
Je dis adieu à ton image
Puisque tu souffres du naufrage
Je dis à Dieu, sur son nuage,
De faire d'un chagrin un mirage
il y a 2 mois
Au rang des peines et du malheur
Qu'une seule plaie remporte le score
Au rendez-vous d'une course de pleurs
Querelle de larmes dans l'angle mort
J'ai la rancoeur au fond du coeur
Pas la peine de faire de la peine
Quand l'écoeurement me fait une fleur
Son coeur me ment à perdre haleine
Ô rancoeur, Ô rancune
Aux acteurs, aux lacunes
Ô rancune, Ô rancoeur
Aux pleines lunes, aux grands coeurs
Au rang des tristesses et du leurre
Qu'une seule blessure qui me dégrise
Ô rance et dure toujours à l'heure
Que reste-t-il d'une âme éprise ?
J'ai la rancune même si aucune
Raisons ne te donnera raison
Car de corde il n'y en avait qu'une
Sensible à ton manque d'attention
Ô rancoeur, Ô rancune
Aux plaideurs, aux « rien qu'une »
Ô rancune, Ô rancoeur
Aux fortunes, aux vains coeurs
il y a 3 mois
23h23
Juste là, maintenant !
Juste une seule seconde
Juste à cet instant
Juste sur le gong
23h23
Juste en ce moment
Juste une connexion
Juste dans ce temps
Juste un horizon
23h23
Juste en coup de vent
Juste que je sache
Juste une fois seulement
Juste un petit flash
23h23
Juste par accident
Juste sans le vouloir
Juste inconsciemment
Juste un peu d'espoir
23h23
Juste que c'est injuste
Juste que tu n'veuilles pas
Juste pour une minute
Juste penser à moi
23h23
Juste pathétique
Que j'me plie en quatre
Juste le coeur qui pique
23h24...
il y a 3 mois
Allongé dans un drap de rouge
Je m'endors les yeux grands ouverts
Autour de moi plus rien ne bouge
Sauf cette incandescente colère
Je joue la putain de misère
Attendant son amant du soir
Sur un canapé de chimères
A demi plongé dans le noir
J'entends encore la résonance
D'une sonnette de bon aloi
Que je recherche dans le silence
Et dans les plis de mon sofa
Croyant voir venir mon élu
J'abandonne ma couche et ma rage
Scrutant les ombres de la rue
Pour n'apercevoir que mirages
Alors je regagne sans prière
Le halo sans fin que je couve
Je m'endors les yeux grands ouverts
Allongé dans un drap de rouge
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--classification--
De mon balcon, je vois la ville
Qui ne s'endort jamais, défilent
Les files de phares et de feux rouges
Et les piétons, des pions qui bougent
De mon donjon, mes yeux s'égarent
Le voisin accoudé qui jette
Le même regard sur les trottoirs
Ne devine pas que je le guette
De mon balcon, j'ai mal au coeur
La hauteur me donne le vertige
J'ai ce sentiment qui m'écoeure
Trop de souvenirs qui se ravivent
De mon donjon, dans le lointain
S'agitent des images de tantôt
Et comme Juliette au masculin
Reviennent les remous Roméo
De mon balcon, que je me venge
De tous les hommes qui m'ont blessé
Le bal des cons, damnés, archanges
Ou les maladresses incarnées
De mon donjon, je réalise
L'étendue d'incapacité
Dont ils font preuve à maintes reprises
Pour dire l'amour ou l'amitié
De mon balcon, ils étaient miens
L'un s'était accroupi en vain
L'autre était debout mais éteint
Je m'étais penché un peu loin...
De mon donjon, la balustrade
M'a soutenu comme une amie
Car quand tout autour se dégrade
C'est à elle que je dois la vie
De mon balcon, qu'il m'en souvienne
De ces moments d'apesanteur
Passent les heures, coule ma scène
Logé au-dessus des vapeurs
De mon donjon, je fais le tour
De mes amitiés en retrait
De mes amours à contre jour
Mais qu'y puis-je quand le mâle est fait ?
Sous un soleil de plomb
Je fais preuve d'aplomb
Des lignes multicolores
Changent le bitume en fleurs
Pareil au matador
Je relève d'un coup
Le drap velours et or
Des années de dégoût
Je prends tous les devants
En passant par derrière
Serai-je enfin vivant
Sans honte et sans barrières ?
Au diable les morales
Elles sont des mises à mal
Au diable les principes
Ils sont des précipices
Il faut bien que jeunesse
Se fasse et se défasse
Il faut bien que je naisse
Pour grandir sans « hélas »
Le temps qui nous sépare
N'est rien qu'un grand écart
Qui pousse jusqu'au vice
Les vertus d'un novice
Sous un soleil de plomb
Combien serait tenté
De laisser la passion
Envahir l'heure d'été ?
Plus de limites, j'imite
Le chant des séducteurs
Plus de consignes, je signe
Le temps des belles erreurs
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