
enjoué
Quand j'étais petite je croyais qu'il suffisait de fermer les yeux pour se cacher...
made by Luxlukys
L'hiver, la solitude, l'égoisme, le silence
made by Luxlukys
made by Luxlukys
--classification--
aller à la page...
il y a 3 an(s)
-Anya-
L’intérieur de moi-même est froid.
Glacial.
Où que je sois, j’ai toujours froid.
N’importe où, n’importe quand, en n’importe quelle saison, j’ai froid.
Rien d’autre en moi, que du froid.
Je suis prisonnière des glaces de « L’Enfer » de Dante.
-Maman-
Elle est muette.
Elle ne parle plus que pour nous dire qu’elle a froid. Parfois même, elle ne fait pas l’effort de l’articuler. Juste un regard, un regard qui frissonne.
Juste pour qu’on sache. Qu'on sache qu’elle a froid.
-Anya-
Ma petite sœur m’observe, souvent.
Elle m’apporte des couvertures et mille bouilloires, les jours où j’ai trop froid.
Trop froid pour me lever.
Trop, pour articuler.
-Maman-
Ma fille a froid.
Seule chose que je sais d’elle.
Elle s’est enfermée.
-Anya-
Prisonnière du froid.
Toute entière dans le silence.
Je nous ai transportées toutes les trois dans le glacial silence d’un cœur congelé.
-Petite sœur-
Ma grande sœur, Maman dit qu’elle est muette.
Elle ne veut pas m’expliquer.
Elle dit aussi que je suis trop petite.
Je ne savais pas que grandir voulait aussi dire « se taire ».
Un jour, Maman a dit à Anya qu’elle était folle.
Je ne savais pas non plus que se taire signifiait «être fous ».
Maman ne parle pas avec Anya, et plus avec moi. Pourtant, je parle, moi.
Un jour, je jouais à être Anya.
A avoir froid, et à ne plus parler, à ne plus vouloir manger.
Maman était derrière la porte. Elle a pleuré.
Moi aussi je peux faire pleurer Maman.
-Anya-
A seize ans, mes amis s’amusent. Ils sortent, flirtent, couchent, pour la première fois.
Moi, ce que je préfère, c’est me cacher au chaud, et penser à ce qui me fait mal.
Y penser, jusqu’à ce que la douleur ne soit plus supportable.
Jusqu’à étouffer dans mes pleurs.
Jusqu’à sentir la glace déchirer la chaire de mes poignets, de mes chevilles, de mes cuisses.
Jusqu’à ce que mon lit ne devienne plus qu’une baignoire de sang chaud.
De sang bouillant.
La douleur qui réchauffe.
Un jour, j’écrirai mon histoire.
J’y laisserai des pages blanches, des pages vides. Ce sera mon silence.
La part de moi-même que je ne connais pas.
Anya est morte de silence, le 22 Novembre 2004.
Lux.
il y a 3 an(s)
Mon bonheur à moi ne sera pas de ceux dont on peut être dépossédé: ni l'argent, ni la beauté, ni le succès.
Rien de ce qu'on peut perdre, un etat d'esprit, une philosophie, une vision de la vie sans faille et indémontable...
Vivre pour ce et ceux qu'on aime, se nourir de passions et de sentiments vrais...
Pascal Bruckner écrit "Si l'on ne veut pas qu'une aspiration légitime dégénère en châtiment collectif, il faut traiter l'impitoyable idole du bonheur avec la plus extrême désinvolture."
Parce que le bonheur perpétuel et éternel ne peut pas exister...
"Quel sera-t-il, mon bonheur? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard?"
Antigone, Jean Anouilh.
il y a 3 an(s)
Les bois sont sombres.
Les arbres tellement serrés, que mes vêtement se déchirent, au fur et à mesure de mon avancée.
Un homme. Derrière moi!
Je courre à toutes jambes, la froideur de l'atmosphère brûle ma gorge, un goût de sang dans la bouche...
Je voudrais crier, mais ma voix s'étouffe. Seuls de petits cris aigus et imperceptibles parviennent, ça et là, à s'échapper de ma gorge incendiée.
Je veux fuir!
Mais je tourne en rond!
Cet arbre, déjà vu!
Ce sentier, déjà franchi!
Où que j'aille, la nature reste la même, tous les chemins sont les mêmes!
Au loin, une elfe.
Il retient mes fils, il se rie de ma frayeur.
Elle m'observe, elle veille sur moi.
De loin, de si loin.
Je voudrais la rejoindre, je voudrais qu'elle me protège, mais elle est aussi prisonnière.
Cette force fait de nous des pantins, incappables de prendre la décision qui nous sauverait...
Les fils de nos membres nous retiennent, nous empêchent de nous débattre, et d'avancer.
De petites larmes coulent, et gèlent aussitôt, sur les joues creusées de la princesse sortie de la glace.
Cette glace, qui, peu à peu, m'envahie à mon tour, je tremble, tellement! Mes jambes se dérobent. Bientôt, j'en aurai perdu tout contrôle.
Et je serai prisonnière des glaces de L'Enfer de Dante.
made by Luxlukys
--classification--
Moi, je n'existe pas. Je suis un être errant, sans identité ni caractère propre. Ce qui me vaut, tel un caméléon, d'absorber toutes les couleurs qui m'entourent, qu'elles soient extatiques, déprimantes, ou orgasmiques.
A treize ans, j'ai commencé à faire comme ma mère. Sauf que moi, j'ai eu la présence d'esprit d'avorter. A chaque fois. Entre le Club Dorothée et Hélène et les Garçons. Grâce à l'infirmière du collège, puis du lycée.
Les infirmières, elles, elles ont un cœur. Comment il est arrivé là? Aucune idée. La grâce augustinienne... ?
De cœur, je n'en ai pas, je n'en veux pas. C'est très bien comme ça. Comme ma mère, certes, mais tant pis. C'est la seule chose que j'affectionne d'avoir hérité d'elle.
Le cœur est un handicap. Les "copines" en ont, et n'arrêtent pas de pleurer, ou de plaindre les gens qui les entourent: les clochards, la nana du lycée qui a fait une tentative de suicide pour un taulard, ou encore la prof de sport qui a fait une fausse couche. A quoi bon penser aux autres? On a déjà bien trop à faire avec nous-mêmes: le bac, les régimes, les scarifications...
Moi je me plais à créer les futurs objets de leurs plaintes répugnantes: je couche et je quitte, j'insulte, je traumatise, j'harcèle; et ça m'amuse. Enfin non, ça ne m'amuse pas. Ca m'occupe. Parce-que je m'ennuie. Tout le temps.
C'est l'autoroute sur mes joues. La voie rapide. C'est la grande marée. la tempête. Un cyclone. Un raz de marée, un désastre. Puis, plus rien... Lux.
Les chauffards s'exécutent à leur tâche sans jamais s'arrêter.
Le repos tant attendu de la pleureuse endormie, tombée sur le sable du sommeil et noyée par les vagues ininterrompues du chagrin...
Je tremble. J'angoisse. Je vois trouble, j'ai chaud. Je suis en sueur, sueurs froides. J'ai peur! Je suis perdue. Je pars... J' ai disparu.
Merde, suis plus chez moi. Tout est blanc ici. C'est ça, la mort? Je n'ai plus peur, mais j'suis pas au paradis. Ca bip, derrière moi. Y'a comme un semblant de cœur qui bat. Pas le mien, le mien ne bat plus depuis... longtemps. Deux femmes me portent. Elles me déshabillent. Toilette mortuaire? Même pas... Maman va débarquer à chaudes larmes. Ma pauvre Maman... Et elle va me supplier de ne plus recommencer, et rebelote! Paye ta galère. "Non, je ne parlerai pas. Pour quoi faire, d'abord? Te faire plaisir, peut-être? C'est du mal que je veux te faire..." Je t'aime, Maman. Les médecins l'inquiètent, ma mère, ils peuvent pas la fermer! Ils vont l'angoisser, ils vont lui faire du mal! Ils n'en ont pas marre de la voir pleurer? Ca me torture de voir ma mère pleurer. Continuez à lui faire du mal, et dès que je le pourrai, je vous explose. On ne touche pas à ma mère. "Non, j'ai pas envie de te sourire. J'ai pas envie de te faire plaisir, non!" J'en meurs d'envie, en fait. Je meurs d'envie de te dire que je t'aime, Maman. Que tout aille bien. Qu'on fasse des choses, comme tout le monde. Qu'on soit une mère et sa fille. Mais ca, c'est impossible. Je ne sais pas faire. Je ne sais pas dire "je t'aime". Alors je fais mal. Très mal. Parce que tout se mélange toujours dans ma tête. Je voudrais savoir pourquoi. Maman, je voudrais savoir, je voudrais que tu saches, si tu savais comme je t'aime... "Non, pas de bisous avant de partir. C'est ça, ouais, à demain! Oui, je sais que tu m'aimes, Maman!" Je sais, je le sais bien... Lux.
Elle laisse son cœur au bord de l'eau, son âme coule au bord du ruisseau, ses pensées s'envolent, sous la tempête de ses angoisses. Elle a laissé son âme au bord de l'eau et elle contemple vos larmes, s'écouler comme des ruisseaux...
Lux.
14 amis voir tous
Recherche d'un lonely maker
--humeur attribuée--
9670 lonely makers